La Recherche en Psychothérapie : je me lance !

Sylvain RISSE Par Le 08/02/2020 0

Je fais une pause ce samedi matin pour vous partager un nouveau projet dans lequel je m'engage cette année, et pour de nombreuses années, je l'espère. La RECHERCHE en psychothérapie. Je vais certainement écrire de nombreux billets sur ce thème, donc je vais me concentrer sur l'essentiel aujourd'hui.

Qu'est-ce que la recherche en psychothérapie ?  Quand j'ai commencé à m'y intéresser, j'avais moi-même répondu à cette question. En fait, j'avais répondu à la question : "Qu'est-ce que JE VEUX que soit la recherche en psychothérapie?" ! Quelques séminaires plus tard, voici mes conclusions.

1- la recherche en psychothérapie consiste essentiellement à identifier ce qui fait que la thérapie marche, ou ne marche pas. Elle n'est donc pas vraiment une recherche clinique, qui chercherait à comprendre comment la Gestalt-thérapie fonctionne vraiment, au-delà de nos présupposés et de notre package théorique et conceptuel. Les questions que cette recherche posent sont du type : "est-ce que cela marche ?", "comment peut-on dire que cela marche ?", "quels aspects spécifiques contribuent plus que d'autres au succès ?" (l'alliance ? la couleur de la moquette ? le simple fait de pousser la porte du thérapeute ? l'approche théorique de la thérapeute ? ...) . 

2- La recherche en psychothérapie est un monde de chercheurs universitaires. Ils pratiquent peu la psychothérapie eux-mêmes, mais sont souvent formés à au moins une pratique. Généralement à un courant psychodynamique, ou aux TCC ou systémie. Ce sont des professionnels de la recherche, bien plus que de la thérapie. Ils sont très bons dans leur domaine, et pour leur parler, il faut apprendre leur langue. C'est ce que j'ai fait, sans le vouloir au départ, en participants aux séminaires de la Society for Psychotherapy Research (SPR). J'en parlerai en détails plus tard, dans un autre blog. Pour l'instant, je veux juste dire qu'ils ont activé en moi un vrai désir de recherche pour soutenir et transformer ma pratique. Ils l'ont fait en m'accueillant en tant que praticien, que clinicien, et avec leurs encouragements. Merci à eux.

3- L'efficacité doit cesser d'être un vilain mot. J'entends régulièrement que lorsque l'on est Gestaltiste, on ne se préoccupe pas d'efficacité. On se préoccupe d'être présent ici et maintenant, en travaillant notre qualité d'écoute des mouvements de contacts de nos clients, et de leur impact sur notre awareness, pour nous proposer au moment opportun et de façon créative en tant qu'environnement sain, c'est-à-dire suffisamment frustrant et suffisamment soutenant. Mais l'efficacité n'est ni le contraire de la liberté, ni l'opposé de la créativité !  Elle ne porte simplement pas les mêmes critères que l'efficacité attendue d'un juriste, d'un médecin ou d'un mécanicien. Se soustraire à la réflexion de nos critères d'efficacité est absurde. La recherche qui questionne l'efficacité n'est pas pour autant une impossibilité clinique, déontologique ou pratique !  Au contraire, elle permet le renouvellement.

4- Sans recherche, pas de renouvellement. Pas de croissance. J'attends de mon engagement dans la recherche qu'elle accompagne ma pratique, mes usages, questionne mes habitudes, et celles de mes collègues. Nous inventerons ensemble, sur la base de notre travail collectif. Je trouve cela très excitant, très mobilisant. et je fais ici un clin d'œil au sous-titre du PHG.

youpi

Pour plus d'informations sur le programme des Single Case Time Studies (SCTS), qui est le programme de recherche que je soutiens : cliquez ici (sur le site de l'IDeT).

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